Lors d’une récente soirée de poésie, neuf poètes sur dix mettaient les mots «cul», «merde» et «baiser» dans leurs poèmes. Un sur dix mettait les mots «âme», «amour» et «cœur».
Quel est le cliché aujourd’hui ?
Je sais, je suis une âme romantique de merde, un enculé de rêveur amoureux, un doux baiseur.
Je n’aime pas les soirées de poésie, où chacun monte sur scène exposer son talent et son regardez-moi, s’exposer avant tout.
Du théâtre.
De la comédie.
De l’histrionisme volubile et des Oh ! Ah ! applaudis. De la complaisance de phoques dans un cirque marin.
Je préfère encore n’écrire que pour trois femmes (toute ma poésie se résume à trois femmes [+ quelques regards] et à une seule origine).
Écrire.
Non pas me lire. Non pas me réciter. Non pas cette prétention vaniteuse d’aspirant à l’immortalité.
Ma poésie mourra avec ces femmes et moi.
Ces muses qui — je sais — sont venues un jour me lire secrètement ici et ailleurs.
[je bois d'ailleurs à votre santé, au passé et au présent]
Ma peau est un parchemin sur lequel j’écris mon être du moment à l’encre. L’encre en devenir.
3 mai 2009.