Les muses aussi n’aiment pas la comédie.

Je n’aime pas les soirées de poésie, où chacun monte sur scène exposer son talent et son regardez-moi, s’exposer avant tout.

Du théâtre.

De la comédie.

De l’histrionisme volubile et des Oh ! Ah ! applaudis. De la complaisance de phoques dans un cirque marin.

Je préfère encore n’écrire que pour trois femmes (toute ma poésie se résume à trois femmes [+ quelques regards] et à une seule origine).

Écrire.

Non pas me lire. Non pas me réciter. Non pas cette prétention vaniteuse d’aspirant à l’immortalité.

Ma poésie mourra avec ces femmes et moi.

Ces muses qui — je sais — sont venues un jour me lire secrètement ici et ailleurs.

[je bois d'ailleurs à votre santé, au passé et au présent]

Vincent Sremed