Le connaisseur «d’Art»

Il y a une certaine caste qui s’autorise à émettre son opinion “apollinienne” sur «l’Art» des autres, avec une volonté pédante d’afficher sa supériorité de basse-cour et de se créer un sentiment de puissance s’apparentant à celui du nabot voulant devenir empereur.

Ces connaisseurs d’art solaire, ces amoureux du bel «Art» rejettent — ou n’ont jamais vécu — le sentiment de vie qui est l’art derrière toute œuvre, derrière chaque graffiti au coin d’une rue, derrière un poème d’adolescent, derrière un dessin esquissé sur un napperon de restaurant.

Ils voient en «l’Art» une idée, un objet d’immortalité, un but, [un domaine d'études, une profession ?] dont la beauté doit se trouver dans son originialité, dans sa technique, dans son style, dans sa forme. Et non dans son sentiment, et non dans ce qui sous-tend sa création.

Ces experts se permettent de détester une certaine forme d’art qui ne correspond pas à l’idée qu’ils se font de l’art, à l’idée très restreinte qu’ils en ont : l’art vidé de ses sentiments.

Vincent Sremed