Littérature vivante

Médecin.

Peut-on appeler cela un travail — montagnes de paperasse et contraintes étatiques exceptées ? Non. C’est une école permanente, une source de compréhension du monde humain inépuisable. C’est la seule occupation existante où un homme a accès spontanément à la totalité de l’être humain qui se livre sans crainte — corps et esprit. Mieux que le prêtre, car le prêtre juge au nom de dieu, alors que le médecin ne juge pas. Mieux que le psychologue, car le psychologue ne connaît rien au corps, qui pourtant véhicule de façon bidirectionnelle tous les maux et expressions de l’âme. Il faut savoir bien lire le corps, dans toutes sa fine subtilité, c’est là ou l’art entre en jeu. Oublions les transferts et contre-transferts freudiens. Le médecin apprend sur lui-même à travers les autres. À travers lui-même il comprend les autres. Chaque histoire, chaque personne qui s’ouvre vaut bien un roman de Dostoïevski. Le médecin est riche de cette littérature vivante.

(Et très bien payé)

Vincent Sremed