Aujourd’hui, dans la Province of Quebec (expression donnée par le régime britannique), c’est jour férié. Aujourd’hui dans le pays sous régime monarchique parlementaire britannique désigné sous le nom huron (ou iroquois, allez savoir) Canada, c’est jour férié. Dans le premier cas, la fête célébrée était à l’origine celle de Dollar des Ormeaux, un Néo-Français qui avait sauvé sa bourgade contre une attaque iroquoise en lançant un baril de poudre à canon qui avait décimé les assaillants en même temps que lui-même. La fête devenue impolitiquement correcte pour les Premières nations (autre expression ridicule), elle fut transformée en Fête nationale des Patriotes, afin de commémorer une poignée de jeunes idéalistes ayant pris les armes en 1837-38 contre les autorités britanniques et ayant fini pendus. Dans le second cas, la fête célébrée est celle de la reine de l’Empire britannique Victoria.
Dans les trois cas, ces prétextes à la fête me donnent envie de vomir, et pas pour avoir trop bu. Nationalisme, patriotisme, reine, empire : du pareil au même : de la violence derrière une croyance en la supériorité et en la particularité ethniques.
Fêtons plutôt le printemps et les libertés qu’il apporte.
Lors d’une récente soirée de poésie, neuf poètes sur dix mettaient les mots «cul», «merde» et «baiser» dans leurs poèmes. Un sur dix mettait les mots «âme», «amour» et «cœur».
Quel est le cliché aujourd’hui ?
Je sais, je suis une âme romantique de merde, un enculé de rêveur amoureux, un doux baiseur.
Les policiers et les lois existent pour notre bien.
Ne pas tenir la rampe dans un escalator est un crime passible de menottage, d’arrestation et d’amende.
Donner une arachide à un écureuil dans un parc est un crime passible d’amende et de poursuite judiciaire.
L’État veut notre bien. Soyons bons citoyens. Que l’ordre règne et que le texte soit respecté. C’est écrit, en vérité.
*Sarcasme.
Dans la colère, être cruel envers l’être qui fut le plus cher (et qui n’est pas remplacé) procure un mélange d’extrême souffrance et en même temps un soulagement de parturiente. Mais ce soulagement est vite enterré par les cris nocturnes du rejeton infirme.
28 avril 2009.
Il y a une certaine caste qui s’autorise à émettre son opinion “apollinienne” sur «l’Art» des autres, avec une volonté pédante d’afficher sa supériorité de basse-cour et de se créer un sentiment de puissance s’apparentant à celui du nabot voulant devenir empereur.
Ces connaisseurs d’art solaire, ces amoureux du bel «Art» rejettent — ou n’ont jamais vécu — le sentiment de vie qui est l’art derrière toute œuvre, derrière chaque graffiti au coin d’une rue, derrière un poème d’adolescent, derrière un dessin esquissé sur un napperon de restaurant.
Ils voient en «l’Art» une idée, un objet d’immortalité, un but, [un domaine d'études, une profession ?] dont la beauté doit se trouver dans son originialité, dans sa technique, dans son style, dans sa forme. Et non dans son sentiment, et non dans ce qui sous-tend sa création.
Ces experts se permettent de détester une certaine forme d’art qui ne correspond pas à l’idée qu’ils se font de l’art, à l’idée très restreinte qu’ils en ont : l’art vidé de ses sentiments.
Je n’aime pas les soirées de poésie, où chacun monte sur scène exposer son talent et son regardez-moi, s’exposer avant tout.
Du théâtre.
De la comédie.
De l’histrionisme volubile et des Oh ! Ah ! applaudis. De la complaisance de phoques dans un cirque marin.
Je préfère encore n’écrire que pour trois femmes (toute ma poésie se résume à trois femmes [+ quelques regards] et à une seule origine).
Écrire.
Non pas me lire. Non pas me réciter. Non pas cette prétention vaniteuse d’aspirant à l’immortalité.
Ma poésie mourra avec ces femmes et moi.
Ces muses qui — je sais — sont venues un jour me lire secrètement ici et ailleurs.
[je bois d'ailleurs à votre santé, au passé et au présent]
Ma peau est un parchemin sur lequel j’écris mon être du moment à l’encre. L’encre en devenir.
3 mai 2009.
Je m’entretiens avec moi-même : le plus profond , le plus vrai, le plus dur des entretiens.
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27 avril 2009
Il y a quelque chose d’émerveillant de voir une archéologue s’imaginer les souvenirs d’une cité antique, — d’un tell —, qui représente encore de nos jours pour elle une époque “magique”, “parfaite”, “unique”, une époque révolue.
Le sourire s’étend à tout le visage jusqu’à le faire radier de tous ses éclats, les yeux se fondent dans le passé lointain et deviennent pétillants, brillants comme le furent les richesses de la ville aujourd’hui ensevelie, la ville qui se trouve tout juste devant elle.